Christophe Sobotkka - Marathon sur Piste

 

CHRISTOPHE SOBOTKA

 

Pas facile de résumer un marathon en quelques lignes... et surtout CE marathon-là! J'en écrirais des pages, mais s'il faut le qualifier en deux mots, j'ose lui associer des adjectifs d'habitude presque trop forts et parfois opposés: «pro» et «fraternel».

Du point de vue stade, organisation, chronométrage, animation, ravitaillement, photographes, et j'en passe, tout avait l'allure et le niveau d'un meeting d'athlétisme professionnel... alors que TOUT était gratuit.

Du point de vue unité dans la diversité, nous étions unis dans le même effort, heureux et motivés par les encouragements reçus les uns de autres, dans nos différences d'âge, d'entraînement, de rapidité, et même de distance parcourue... supportés aussi par un public certes peu nombreux mais excellent et qui, fait insolite pour un marathon, ne nous perdait jamais de vue.

A cause du nombre limité des "fêlé-e-s", notre solidarité allait bien plus loin que la convivialité habituelle lors d'une course populaire. Pour ma part, dommage qu'à cause du coup de pompe survenu quelque temps après mon arrivé, j'étais trop crevé pour courir même 200m à côté de ceux qui bouclaient leurs derniers tours, ni être bien présent à l'excellent repas offert qui m'aurait permis de faire plus ample connaissance avec celles et ceux avec qui je commençais à fraterniser dans la difficulté et la joie communes au long des tours de stade. Le PREMIER marathon de ce genre en France a été quelque chose d'UNIQUE.

Faut-il renouveler cette expérience? Là je donne mon avis tout-à-fait personnel: OUI certes, MAIS peut-être pas tous les ans, en tout cas pour moi, car je ne peux investir du temps et des efforts que pour deux marathons annuels au maximum. Transformer une aventure unique en routine serait préjudiciable. Par contre, chaque coureur peut en général faire davantage de semi-marathons. En constatant aussi que plusieurs participants ont arrêté de courir aux kms 10, 21, 35, j'ai une idée qui germe: garder ce concept du marathon sur piste, mais y associer (comme au marathon du Vignoble d'Alsace) un relais de deux semis (ou bien 21,395 + 20,800 km). Nous pourrions alors avoir davantage de participants sans en avoir plus simultanément sur la piste, davantage aussi de supporters (dont les relayeurs au repos).

Avec d'autres j'estime qu'il serait aussi louable et bénéfique de donner un but humanitaire à nos efforts: un libre don pour chaque tour de piste au profit d'une cause à déterminer.